Tu as bien fait, ma chère fille,
D'avoir oublié ton manchon:
Le feu de ton esprit pétille
Sans la chaleur d'un vil torchon.
Les étoffes les plus coûteuses
D'un sot sont un triste ornement;
L'or et les pierreries précieuses
Pâlissent auprès d'un talent.
Lorsque d'un clavier most tu tires
Des sons vivants et mélodieux,
J'oublie la terre, et tu aspires,
Dans tes brûlants transports, aux cieux.
Ou, lorsque ta main filiale
Veut caresser mes cheveux gris,
Mon coeur bondit, mon coeur tressaille,
Et jusqu'aux pleurs tu m'attendris.
Voilà tes joyaux, ta parure,
Ma chère enfant! soigne les bien,
Et que ta vertu nous assure
Et notre bonheur et le tien.
Et quand, par un sort immuable
Mon heure sonnera d'adieux.
Ange de paix! fille adorable.
Ta main me fermera les yeux.*